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Rising Carpet

  • Arts Numériques

Du mercredi 30 janvier au dimanche 3 février

Hall du théâtre

Moussa Sarr


Entrée libre

Tapis de prière, multirotors, socle diamètre 180 cm, hauteur 20 cm, 2014

Cette œuvre poétique et drôle joue sur le dualisme de deux objets, assemblés pour créer une « sculpture multimédia » hybride, à la fois menaçante et poétique. On observe un tapis en laine posé sur un multirotor. Ce beau tapis richement orné peut s’élever et se déplacer dans les airs grâce à un drone télécommandé par une tierce personne, donnant vie à la figure mythique du tapis volant. L’artiste évoque avec cette machine le rêve ancestral de voler. Cette interprétation contemporaine du tapis de prière naît des interrogations de l’artiste sur les clichés de la culture française. Entre fascination et insécurité, l’artiste fait dialoguer deux univers culturels. L’objet légendaire, représentation dans l’imaginaire collectif occidental d’un Orient fantasmé et stéréotypé, se retrouve confronté à la figure du drone, machine ultra-technologique, outil de guerre, bien loin de la beauté et de la magie que propose le tapis. Moussa Sarr questionne de façon onirique l’utilisation des drones, entre fascination et insécurité. La symbolique du tapis volant dans le monde arabo-perse est très forte ; celui-ci représente un moyen symbolique de parcourir le monde, une métaphore de la connaissance, une élévation à la fois physique et spirituelle. N’importe quel tapis porte en lui la potentialité du tapis volant, de l’évasion, du rêve. Les jardins persans sont séparés en quatre parcelles qui représentent et contiennent la reproduction idéalisée d’un monde clos, divisé en quatre parties du monde. Cette disposition forme le motif des tapis traditionnels. Les tapis deviennent alors des lieux de rêve, des petits univers, des hétérotopies, selon le concept formulé par Michel Foucault. Ce sont les localisations physiques des utopies qui permettent d’héberger l’imaginaire, que ce soit sous la forme du navire des corsaires, du lit familial pour les enfants lorsque les parents sont absents, autant que du lieu de culte ou du parc d’attractions, et ici, du tapis.

Les expositions et installations au Liberté sont accessibles du mercredi au samedi de 11h à 19h, le dimanche de 14h à 17h et en nocturne le jeudi et le vendredi.

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Du 30 janvier au 3 février 2019, Le Liberté reprend ses explorations à la croisée des mondes, entre réalité sensible et réalité numérique. Le Festival Numérique devient Le Liberté Parallèle – Biennale des imaginaires numériques et rejoint la plateforme de coproduction et de diffusion CHRONIQUES, soutenue par la région Sud – coordination Seconde nature et ZINC.