Le Liberté La saison

Dignité : une richesse inaliénable ?

Salle Daniel Toscan du Plantier

Modératrice Hind Meddeb
Intervenants Hélène Orain, Christine Alaoui, Agnès B., Omar Abi Azar et Myriam Picardel


Entrée libre

Tarif théma :

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Co-voiturage

En ce début de XXIe siècle, la dignité humaine est sur toutes les lèvres. Le souvenir encore frais du passé totalitaire, les nouvelles formes de guerres et de terrorismes, jusqu’au problème récurrent de la pauvreté et de la maladie, autant de chemins qui mènent à la question de notre dignité. Droit fondamental de l’être humain, la dignité a été reconnue par la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies et garantit le respect que l’on doit à l’être humain : que ce soit son intégrité corporelle, psychologique, spirituelle ou culturelle. La dignité est la richesse de ceux qui n’ont plus rien. Au Musée National de l’Histoire de l’Immigration, l’exposition VIVRE ! d’Agnès b. qui célèbre l’amour et la vie dans l’expérience de l’exil, est une véritable ode à la dignité. Une ode magnifiée dans les photographies et vidéos de Leila Alaoui, qui donnent une voix aux ouvriers, migrants, réfugiés, enfants de la rue et femmes maltraitées, tout en montrant la fierté et l’élégance innées de chaque individu. Un travail sur la dignité dont vient aussi nous parler Omar Abi Azar, auteur et metteur en scène libanais en résidence au Liberté, qui a entre autres activement participé au Théâtre Good Chance, expérience théâtrale avec les migrants de la jungle de Calais. Plus que du respect, la dignité est cette richesse inaliénable dont jouit chacun d’entre nous, en tant qu’être humain.  

Citoyenne des deux rives, Hind Meddeb se sent chez elle de part et d’autre de la Méditerranée. Cette dualité donne à son regard une mobilité qui défait les préjugés et les aprioris. Ses films au Maroc, en Tunisie, en Égypte et au Liban nous révèlent des situations toujours plus complexes que les stéréotypes qui les figent. Son premier documentaire De Casa au paradis retrace le destin de quatorze kamikazes marocains à Casablanca (diffusé sur Planète). Au lendemain de la révolution égyptienne, elle nous embarque dans les bidonvilles du Caire, là où la jeunesse danse au son de l’Électro Chaabi. Son film, Tunisia Clash, prend la forme d’un road movie intime, au moment où le rappeur Weld el 15 est en cavale, dans l’attente de son procès. Elle traverse avec lui et le rappeur Phenix, la Tunisie post-révolutionnaire des banlieues populaires de Tunis jusqu’aux plateaux désertiques du Centre. Sur cette route, une scène alternative se dessine. Artistes, militants, citoyens ordinaires lui confient leurs rêves et leurs espoirs : entre constat amer, désir de révolte et soif de liberté. Quel est le point commun entre Barack Obama, un sociologue qui a fait ses classes dans la Mafia d’Al Capone et deux jeunes activistes françaises issues des quartiers populaires ? Le Community Organizing. Ou l’art d’élaborer des groupes de pression citoyens, sorte de lobbys des « gens d’en bas », capables de se confronter au pouvoir lorsqu’il ne sert plus l’intérêt général. Avec Organisez-vous ! Hind Meddeb revient sur l’histoire de cette technique inventée aux États-Unis dans les années 1930 et reprise aujourd’hui par quelques jeunes Français qui essayent de l’introduire en France. De septembre 2015 à juin 2016, elle a suivi la Ministre de l’Éducation Nationale au quotidien, réalisant un portrait intime et inattendu : Najat Vallaud Belkacem. L’école du pouvoir. (diffusé le 12 janvier sur France 3).

Née en 1970, diplômée d’un DEA de sociologie et d’une maîtrise d’économie appliquée, Hélène Orain a commencé sa carrière en qualité d’enseignant-chercheur aux Universités de Paris Dauphine et d’Évry de 1993 à 2000. Elle intègre le ministère de l’Éducation nationale en 2000 en tant que chargée de mission au cabinet du ministre délégué à l’Enseignement professionnel. En 2002, elle rejoint la direction de la Recherche au sein de ce ministère comme secrétaire générale du Programme incitatif de recherche en éducation et formation, puis de chargée d’établissement au bureau de la contractualisation et du financement de la recherche. En 2005, elle devient chef de projet à la performance budgétaire à la direction générale de l’Enseignement supérieur. À sa sortie de l’ENA, Hélène Orain occupe différents postes au ministère de la Culture et de la Communication. En 2009, elle est chef du bureau du budget et de la synthèse au Secrétariat général, puis, en 2011, chef du bureau des ressources humaines à la direction générale des Patrimoines. En 2012, elle devient conseillère budgétaire d’Aurélie Filippetti. Depuis 2013, elle était secrétaire générale de l’Oppic. Elle est nommée directrice générale du Palais de la Porte Dorée en juin 2015.

Christine Alaoui est la mère de la photographe et vidéaste Leila Alaoui. Elle est présidente de la Fondation Leila Alaoui, qui a pour but de conserver les valeurs humanistes inhérentes aux images de Leila. À travers son travail, Leila Alaoui donnait une voix à tous les laissés pour compte : les migrants subsahariens, les réfugiés Syriens, les ouvriers effacés de la mémoire, les enfants de la rue et ceux malades, les femmes maltraitées et les gens oubliés des campagnes. La fondation a été créée en mars 2016 pour assurer l’archivage, la conservation et la diffusion de l’œuvre de Leila Alaoui. Brillante photographe et vidéaste, Leila Alaoui explorait les thèmes de la migration, de la construction des identités et des diversités culturelles. Elle a œuvré à travers son travail à mettre en avant les oubliés de la société et leur redonner une part de leur dignité.

Agnès Troublé est née à Versailles, où elle suit des cours de dessin à l’école des Beaux Arts. Son style original attire l’attention d’une rédactrice du magazine Elle qui lui propose un poste de rédactrice. Elle travaille chez Dorothée Bis pendant deux ans, avant de devenir styliste free lance. En 1973, elle dépose sa marque et ouvre sa première boutique dans le quartier des Halles, qui deviendra le haut lieu de la mode à Paris. Cette première boutique est aussi un lieu d’expression et de rencontre. Les vêtements d’Agnès b. représentent une rupture très nette avec la mode de l’époque, elle devient vite célèbre et la société se développe rapidement. Elle fait fabriquer ses produits majoritairement en France, et a toujours refusé de faire de la publicité. En plus d’être un choix éthique, cela permet à la société d’être présente de manière originale et engagée sur de nombreux projets culturels, artistiques et humanitaires. Agnès cultive une passion pour l’art contemporain. Le Fonds Agnès b. est chargé de préserver et de présenter au public un ensemble unique d’art contemporain, en prêtant de nombreuses pièces pour des expositions majeures à travers le monde. L’exposition VIVRE ! qui vient d’être présentée au Musée National de l’Histoire de l’Immigration, a mêlé photographies, installations et peintures issues de la collection d’Agnès b. Des histoires où l’humain et la dignité sont à l’honneur. Mécène, collectionneuse et femme d’affaires, Agnès b. est engagée depuis toujours aux côtés des plus fragiles et apporte son soutien à de nombreuses associations. Afin de donner plus de visibilité à ces causes importantes, elle propose à chacun de s’associer à sa démarche en achetant des produits de partage, dont les bénéfices reviennent aux organisations qui œuvrent pour apporter une aide durable aux populations en danger. Le fonds de dotation Agnès b., créé en 2009, se concentre sur trois grands axes de mécénat : culture, solidarité et environnement.

Omar Abi Azar est né en 1983. Après quatre ans d’études à l’Université libanaise, il se tourne vers le théâtre et ses formes contemporaines. Il a été l’assistant directeur de Natalie Garraud et Olivier Saccomano, de la compagnie Du Zieu dans les Bleus. Depuis 2006, il est directeur de théâtre et membre fondateur de la compagnie Zoukak au Liban. Il travaille sur l’expérimentation de formes tragiques et nourrit son travail de création en résidence à Marseille, en Espagne… et il enseigne aussi la thérapie par le théâtre auprès d’enfants, dirige des workshops et mène des ateliers, au Liban et à l’international. Récemment, à l’invitation du Théâtre Good chance, dans la tragiquement dénommée Jungle de Calais, des milliers de migrants ont participé à une expérience théâtrale menée par la troupe libanaise Zoukak, avec Omar Abi Azar et Junaid Sarieddine. Il a notamment écrit Hussein, publié aux éditions Amers.

Bénévole très active lors des dernières inondations de la Londe (créatrice du groupe Facebook Aide aux sinistrés de la Londe), Myriam Picardel, devant les dons de linges et vêtements bien plus importants que les besoins, a eu l’idée d’en faire bénéficier les SDF de l’aire toulonnaise en cette période d’hiver... Elle en a donc fait profiter plusieurs associations toulonnaises avant de créer elle-même sa propre structure. Sans toit, et si c’était toi ?, créée en janvier 2015, lutte contre la précarité et l’exclusion. 

SITE INTERNET

Palais de la Porte Dorée
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Fondation Leila Aloui
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Agnès B.
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Sans toit, et si c'était toi ?
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