Le Liberté La saison

nouvOson, le son 3D de Radio France

Hall du théâtre

Entrée libre 

Co-voiturage

Du cinéma pour vos oreilles ! Une nouvelle expérience sonore qui immerge l’auditeur au cœur du son. Ne reste plus qu’à fermer les yeux, et vous voilà bercé par le chant des cigales dans le midi, dans les coulisses d’un combat de boxe ou encore à suivre une goutte de pluie tout au long de son cycle de vie. nouvOson est le label du son 3D de Radio France depuis 2013. Plus d’une centaine de productions : documentaires, reportages, concerts - s’écoutent sur la plateforme hyperradio.radiofrance.fr en binaural (au casque) ou en 5.1.

Nathalie, son accent et les cigales 
Réalisation Nathalie Salles et Guillaume Le Dû, 2016 (35min 38s).

Avec les voix d’Ariane Ascaride, Hervé Di Rosa et Robert Guédiguian.

Nathalie Salles parle avec l’accent du Sud. On ne peut pas le rater, surtout dans une maison - Radio France - où l’on prête plus qu’ailleurs attention aux voix, aux intonations, aux timbres. « Accent tant de fois imité, pas toujours pris au sérieux », s’amuse Nathalie. Elle est chargée de réalisation à France Culture. Une habituée de nouvOson, puisqu’elle aime mettre en espace les documentaires qu’elle réalise. L’accent et la cigale pour Création on air est donc la synthèse de tout ça : ce documentaire radiophonique qu’elle a produit et réalisé, vous plonge à 360° dans l’univers sonore de son enfance. Cet univers est peuplé de voix qui partagent son verbe chantant. Celles notamment d’Ariane Ascaride ou d’Hervé Di Rosa. Mais s’y nichent aussi des cigales. Leur chant, qu’on appelle la cymbalisation, fonctionne comme « une madeleine » pour la chargée de réalisation, la ramenant dans « ce Midi rêvé, fantasmé ». Ce sont donc elles qui signent la BO de ce documentaire, avec la complicité du compositeur Diego Losa. Des cigales enregistrées à l’été 2016 (il faut au moins 25°C au thermomètre pour qu’elles s’expriment) en multicanal par le preneur de son Guillaume Le Dû. On le voit à peine sur la photo, érigeant un parapluie de cinq micros, son outil fétiche, dans la verdure méditerranéenne. Fétiche, car Guillaume a modestement participé à la création de ce dispositif de captation multicanale, avec Michael Williams, fameux ingénieur du son, alors qu’il n’était encore qu’étudiant à l’École Louis-Lumière. Ce dispositif s’appelle le MMAD, comme Multichannel Microphone Array Design. Il permet « grâce à des angles et des distances entre les différents micros calqués sur le principe du couple stéréo, de reproduire une scène sonore de façon continue et homogène sur 360° », explique-t-il. « Avec ce dispositif, le son est très réaliste, naturel et enveloppant. Ici, à l’écoute, on a l’impression d’être vraiment dans le Midi, explique Guillaume Le Dû. Si on avait enregistré les cigales en simple stéréo, on aurait eu l’impression de les regarder, en spectateur, par la fenêtre. En les enregistrant en 5.1, c’est comme si on était cerné. Elles sont partout ! » Ce documentaire, c’est donc ça : une immersion dans les sons qui ont bercé l’enfance méridionale de Nathalie Salles. Dans ce paysage sonore qui reste ancré dans sa mémoire. Loin des clichés. Loin du folklore.

Une fille qui boxe
Réalisation Lucie Geffroy, Marion Poussier et Cécile Bracq, 2014 (2min 45s)
.

« En boxe, le combat se gagne ou se perd dans le vestiaire », a confié un jour un entraîneur de savate boxe française à Lucie Geffroy, co-auteur de cette série vidéo documentaire. Antichambre de l’exploit sportif, le vestiaire de boxe est aussi un lieu d’observation privilégié d’un rapport au corps ritualisé. Si les rencontres sur le ring durent en moyenne une dizaine de minutes (cinq rounds de 2 min), le temps de préparation peut, lui, s’étaler sur plus d’une heure, comprenant pesée, échauffement, étirements, leçons, concentration, préparation mentale... Composée de cinq épisodes d’environ deux minutes, cette série dévoile les coulisses d’un combat d´une boxeuse de haut niveau : Cyrielle Girodias, championne du monde 2013 de boxe française en catégorie moins de soixante kilos, qui dispute ici la demi-finale du tournoi de France 2014. Une fille qui boxe donne à voir et à entendre ce combat, de l’intérieur et au plus près de l’athlète, en qui résonnent encore les séances d’entrainement au moment de la rencontre. En cohérence avec cette approche documentaire intimiste, le recours du son multicanal vise à plonger l’auditeur au coeur de la salle d’entrainement, de l’espace du vestiaire et du ring aux côtés de la boxeuse.

H-O-H ou l’histoire d’une goutte d’eau
Réalisation Louis Boulloche et Pierric Charles, 2016 (3min 01s).

Comment restituer l’expérience que vit une goutte d’eau tout au long de son cycle de vie ? C’est le projet auquel s’est attelé Louis Boulloche, jeune designer sonore, après avoir remporté le Grand Prix nouvOson en 2014. Résultat : H-O-H, « une pièce musicale immersive en binaural qui plonge l’auditeur dans la peau d’une goutte. Dans tous ses états. » Louis Boulloche n’est pas un inconnu pour nous. Avec sa courte pièce en 5.1 Passeio Brazil, il a remporté le 2e Grand Prix nouvOson, à savoir la commande et la production d’une oeuvre sonore originale de sa main. La voici : H-O-H, projet musical et aquatique, où il est question de déluge, de cascade, de vague, de tourbillon de notes, sur les traces de compositeurs comme Debussy, Ravel ou Saint-Saëns qui « ont apporté leur interprétation de l’élément aquatique et exploré les changements subtils d’atmosphères et de luminosité de la mer, du lac, de l’aquarium. » Louis Boulloche a choisi lui de suivre le cycle élémentaire d’une goutte de pluie. Goutte qui nourrit le ruisseau, puis le fleuve, l’océan, avant de se transformer en nuage. Un cycle qu’il a choisi de mettre en son et surtout en espace, pour mieux refléter les changements d’états de cet élément naturel. Il a donc commencé par enregistrer des sons d’eau, de cascades, de torrent, avant de réaliser que « du bruit blanc si caractéristique de l’eau, émergeaient des notes et des rythmes ».
Cette découverte a inspiré à Louis Boulloche une partition pour trois instruments classiques : la harpe, le piano et le violon, trois instruments à cordes, pincées, frappées et frottées. « La harpe traduit particulièrement bien les gouttes de pluie, explique le designer sonore, alors que le martèlement du piano évoque les molécules qui se bousculent. Enfin le violon permet d’étirer les notes et les rendre plus vaporeuses. » Louis Boulloche a donc fait appel à la harpiste Emilie Gastaud de l’Orchestre National de France. Il a également sollicité la pianiste Catherine Cournot et la violoniste Florence Bouanchaud, toutes deux musiciennes de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. Et pour mieux créer son espace sonore à 360°, il a enregistré et mixé, avec l’opérateur son Pierric Charles, plusieurs couches de chaque instrument : « Ainsi, les gouttes jouées par la harpe se transforment en flots au piano, puis en vapeurs au violon ». C’est ce qu’il appelle une opération de « morphing sonore », au service d’une pièce musicale délicate… et limpide.

SITE INTERNET

nouvOson
consulter