Le Liberté La saison

Nouveau monde

Hall du théâtre

Photographies d'Othman Zine

Entrée libre

Solaire et idyllique, la série photographique d’Othman Zine réinvente le mythe de l’âge d’Or. Nourri de l’univers utopique et paradisiaque de la Sun City de Burning Man, Othman Zine capte le visage multiple d’un monde préservé où se mêlent harmonie, oisiveté, créativité, amour et liberté. Des visions irréelles dans lesquelles, entre sable et lumière, le désert devient un décor où se joue d’étranges scènes. Par de larges cadrages, l’image s’ouvre parfois sur l’immensité des dunes et du ciel. Un vaste espace peuplé de présences mystérieuses. Ici, une sculpture magique : visage masque scrutant l’infini qui parait reconnecter la terre au lit des dieux. Là, redonnant au vide désertique une dimension humaine, des personnages se réinventent des habitats protecteurs. Alanguis sur d’improbables canapés, ils semblent plongés dans un rêve hors du temps. Parfois encore, par des points de vue plus serrés sur les corps, lascifs et désinhibés, l’image rend palpable la plénitude, le repos de la chair et l’union des êtres. Une communion bercée tantôt par la vibration d’une musique ensorcelante, tantôt par le chant de la poussière qui palpite dans le vent.

Dans certaines images, des personnages contemplent la beauté d’un embrasement qui scintille dans la nuit. Feu de joie qui fait écho à nos bacchanales modernes, fêtes nocturnes où l’on goûte le bien-être et la transe quand la musique électrise le corps sous les astres artificiels. Mais plus encore, ce feu symbolise un rite de passage. Aujourd’hui, au regard d’un cheminement intérieur individuel, nos rituels de passage sont comme autant d’étapes décisives dans une recherche de soi et de sa liberté. La présence du feu dans les photographies d’Othman suggère cette dimension spirituelle. Semblable au brasier qui clôt la manifestation de Burning Man, brûlent ici les scories de l’Ego, ses fausses représentations, ses peurs et complexes. Et s’y révèle l’avènement d’un nouveau Moi, plus riche d’amour, de créativité, d’ouverture. Le Nouveau monde dans les rêveries d’Othman ? C’est celui d’une intériorité pleinement libérée. Utopie ou Réalité ?

Né en 1983 à Marrakech, où il vit et travaille. Passionné de photographie et de cinéma depuis son plus jeune âge, Othman Zine commence très tôt à faire des portraits de son entourage. Après ses études secondaires, il pose ses bagages en Italie où il restera plus de sept ans. Il s’y formera en architecture à la faculté de Rome tout en affinant son œil de photographe et sa passion pour le cinéma. Son diplôme en poche, il s’envole aux États-Unis pour une formation entre Los Angeles et New York dans une école de cinéma, formation qu’il poursuivra pendant deux ans à Prague avant de décrocher son diplôme. Il participera à des projets de film en tant que réalisateur, scénariste ou directeur de la photographie. En 2010, il retourne au Maroc où il travaille sur de nombreux projets personnels, dans la photographie, la vidéo ou le cinéma. Il participe à de nombreuses expositions individuelles ou collectives au Maroc, en Europe ou au Canada. Othman fait également partie d’un collectif de quatre artistes qui s’appelle Zbel Manifesto. Ensemble, ils utilisent comme matière première des déchets pour réaliser des installations, en occupant de grands espaces. Leurs thèmes de prédilection sont la société de consommation et la transmutation de la matière.