Le Liberté La saison

L'Art Brut aujourd'hui : toujours en marge ?

Salle Fanny Ardant

Modératrice Claire Margat

Intervenants Christian BerstSarah LombardiAnne-Françoise RoucheMichel NedjarJean-Marc Avrilla et Gustavo Giacosa

Entrée libre 

Tarif théma :

Billetterie en ligne

L’Art Brut fait désormais partie de l’histoire de l’art : c’est la manière inventive dont Jean Dubuffet a relié sa collection à sa conception d’un art qui se trouverait à côté des chemins usités, dans les marges. Cette quête anime encore aujourd’hui Sarah Lombardi en tant que directrice de La Collection de L’Art Brut de Lausanne, Anne-Françoise Rouche, fondatrice et directrice de La « S » Grand Atelier, ou encore Christian Berst, galeriste dont la quête est désormais extra européenne. Cet art intéresse maintenant une autre génération, et il se déploie dans d’autres formes d’arts que les arts visuels : les textes bruts que nous restitue Gustavo Giacosa, qui fut le commissaire de l’exposition de référence Banditi dell’Arte et qui s’intéresse particulièrement aux porteurs de parole qui marquent leur territoire avec leurs inscriptions. Le débat autour de l’Art Brut doit éviter les polémiques en montrant comment ces formes artistiques peuvent renouveler notre conception de l’art en nous faisant rencontrer des parcours atypiques, comme par exemple celui de l’artiste Michel Nedjar et un contrepoint institutionnel sera apporté par Jean-Marc Avrilla, directeur de l’École Supérieure d’Art et de Design Toulon Provence Méditerranée.

Claire Margat est philosophe et critique d'art en particulier pour la revue artpress pour qui elle a coordonné le Hors Série Les Mondes de l'Art Brut en 2013.

Christian Berst est un collectionneur et galeriste français spécialisé dans l’Art Brut. Il est également commissaire d’expositions, conférencier, éditeur et auteur d’articles dans des publications internationales de référence. C’est en 2005 que Christian Berst a ouvert sa galerie d’Art Brut. D’abord dans le quartier de la Bastille, la galerie occupe aujourd’hui un espace de 200m² dans le Marais, non loin du centre Pompidou. Outre l’organisation de sept expositions par an - chacune accompagnée d’un catalogue bilingue (plus de 50 publiés à ce jour) - Christian Berst organise régulièrement des conférences et des tables rondes avec des personnalités du monde de l’art contemporain (Christian Boltanski, Jean-Hubert Martin, Jean de Loisy, Catherine Millet, Antoine de Galbert…) qui tendent à faire pénétrer un public toujours plus large dans les arcanes de l’Art Brut. Christian Berst assure également des commissariats d’exposition comme en 2016 à l’Oliva Creative Factory au Portugal et pour les Musées de Belfort. Christian Berst fait partie du conseil de direction du Comité professionnel des galeries d’art (CPGA), et est secrétaire général des Amis de la Bibliothèque nationale de France.

Historienne de l’art, Sarah Lombardi est directrice de la Collection de l’Art Brut de Lausanne depuis mars 2013. Après avoir été commissaire d’exposition indépendante à Montréal, New York, Lausanne et Bruxelles, elle a été conservatrice au sein de la Collection de l’Art Brut de 2007 à 2013, années durant lesquelles elle a coordonné de nombreuses expositions au sein de l’institution et à l’étranger. Dès son arrivée à la tête du musée, Sarah Lombardi a mis l'accent sur la valorisation des collections du musée, en créant une nouvelle série éditoriale intitulée Art Brut, la collection, qui accompagne les Biennales de l’Art Brut. Ces expositions thématiques présentent exclusivement des œuvres issues du fonds de l’institution. Sarah Lombardi a publié également deux ouvrages monographiques sur Aloïse et André Robillard, en lien avec les expositions monographiques consacrées à ces deux auteurs historiques, présentées respectivement en 2012 et en 2014/2015. Elle a rédigé également de nombreux articles sur l’Art Brut dans des catalogues d’exposition et des revues spécialisées. Elle poursuit aussi la série des fascicules L’Art Brut, initiée en 1964 par Jean Dubuffet, et va faire éditer en novembre 2016 L'Almanach de l’Art Brut, un projet éditorial initié par Jean Dubuffet en 1948, qui constitue un ouvrage clé dans l’histoire de l’Art Brut. Parallèlement à cet axe historique, elle poursuit l’enrichissement des collections du musée par la découverte de nouveaux auteurs d’Art Brut auxquels elle consacre des expositions et des publications.

Fondatrice et directrice de La « S » Grand Atelier (atelier de création pour artistes déficients mentaux et laboratoire artistique de mixité) à Vielsalm en Belgique. Plasticienne de formation, Anne-Françoise Rouche fonde en 1992 son premier atelier de peinture pour personnes déficientes mentalement au cœur de l’Ardenne belge. Depuis lors, le parcours des artistes de La « S » Grand Atelier et celui de sa responsable sont intimement liés, scellés par une passion autant humaine qu’artistique. Déterminée et pugnace, Anne-Françoise Rouche poursuit toujours son objectif de reconnaissance et de valorisation des artistes qu’elle accompagne au quotidien et de leur émancipation par l’art. Au fil des ans, cet atelier est devenu un véritable centre d’art pluridisciplinaire où l’on pratique la mixité avec des artistes contemporains issus de toutes les disciplines artistiques. Au travers des nombreux projets qu’elle mène à la « S » Grand Atelier, Anne-Françoise Rouche ne cesse de questionner un nouveau rapport à l’art dans le domaine de l’art brut contemporain.

Michel Nedjar naît en 1947 à Soisy-sous-Montmorency (Val d’Oise) d’une mère ashkénaze et d’un père sépharade. Troisième d’une famille de sept enfants, il se passionne très tôt pour le tissu - son père étant tailleur -, confectionnant des robes pour les poupées de ses sœurs - avec lesquelles il joue en cachette - et accompagnant sa grand-mère vendre des fripes au marché aux Puces. Adolescent, il prend douloureusement conscience de l’horreur de la Shoah, de l’histoire de sa famille, en grande partie victime du nazisme : les poupées tragiques qu’il se met alors à créer en sont la réminiscence. Par la suite, il entreprend plusieurs voyages en Asie et au Mexique où il découvre les poupées magiques kachinas et les momies : « Ce n’était pas mort. Elles avaient leurs costumes, leurs robes collées sur la peau. » C’est à son retour qu’il fabrique ses premières poupées (ses « chairs d’âme ») de cordes, de haillons et de plumes qu’il trempe dans un bain de terre, de teinture et de sang. Autant de cadavres brûlés et de corps mutilés. À partir de 1980, sa créativité s’étend au dessin, à la cire et à la peinture. Alors que Dubuffet le découvre et collectionne ses poupées, Nedjar rencontre l’Art Brut : enthousiaste, il se met à rechercher lui-même de nouveaux créateurs, à réunir leurs œuvres et co-fonde - avec Madeleine Lommel et Claire Teller - L’Aracine (la donation de cette collection en 1999 a permis de créer le premier musée d’Art Brut en France au LaM, à Villeneuve-d’Ascq). Ainsi, Nedjar entre doublement dans l’histoire de l’art, en tant que découvreur d’Art Brut et, surtout, en tant qu’artiste. Roger Cardinal lui consacre un article de fond dans les fascicules L’Art Brut et plus d’une vingtaine de ses travaux rejoignent le Musée national d’art moderne grâce à la donation Cordier. Il est l’artiste brut - même s’il n’appartient plus vraiment à cette catégorie - qui fut le plus exposé à travers le monde ces trente dernières années et son travail a fait l’objet d’un grand nombre de publications internationales.

Directeur de l’École Supérieure d’Art et de Design Toulon Provence Méditerranée. Historien de l’art diplômé de l’Université Michel Montaigne, Bordeaux, et de l’Université Paris 8, Saint-Denis, Jean-Marc Avrilla a reçu une formation de curator auprès de Jean-Louis Froment, Harald Szeemann et Jean-Christophe Ammann. Il a été curator au CAPC - Musée d’art contemporain, Bordeaux, de 1990 à 1999, éditeur indépendant à Paris de 2000 à 2006, directeur de l’Espace de l’Art Concret-Donation Albers-Honegger, Mouans-Sartoux, de 2006 à 2009, et ensuite curator indépendant et critique d’art basé à Paris de 2009 à 2015. Il vit maintenant à Toulon. Auteur de nombreux textes monographiques sur des artistes contemporains majeurs américains et européens, il a également rédigé de nombreux textes interrogeant transversalement le lien du modernisme à l’histoire de l’art contemporain, la place des technologies dans l’art ou le rôle et l’approche théorique des expositions. Ses dernières recherches liant ses activités de critique d’art et de curator portent sur l’importance de la représentation de la ruine dans l’art contemporain des dix dernières années, parallèlement à l’exploration des scènes d’Europe Centrale, en particulier celles de la République Tchèque et de la Slovaquie. Il s’installe en 2015 à Toulon pour prendre la direction de l’École Supérieure d’Art et de Design Toulon Provence Méditerranée.

Après des études en lettres à la Universidad Nacional del Litoral de Santa Fe (Argentine) et une première approche du théâtre avec le metteur en scène et dramaturge Rafael Bruza, Gustavo Giacosa rencontre en 1991, en Italie, Pippo Delbono avec lequel il inaugure son parcours de formation professionnelle. Figure historique de cette compagnie, il participe jusqu’en 2010 à toutes ses productions théâtrales et cinématographiques. En 2005, avec un collectif multidisciplinaire d’artistes, il crée à Gênes l’Association Culturelle ContemporArt. Il développe depuis une recherche sur le rapport entre l’art et les marges au sein de différentes formes artistiques en devenant commissaire de plusieurs expositions sur cette thématique comme Nous, ceux de la parole toujours en marche au Museo della Commenda di Pré de Gênes, Banditi dell’Arte à la Halle Saint Pierre de Paris ou Eric Derkenne. Champs de bataille à la Collection de l’Art Brut de Lausanne. En 2012, il s’est établi à Aix-en-Provence où, avec le pianiste et compositeur Fausto Ferraiuolo, il fonde sa compagnie théâtrale SIC.12. En 2013, ils ont créé leur premier spectacle Dans un futur avril, Pasolini et en 2014 le premier volet d’une trilogie sur la symbolique de l’espace, Ponts Suspendus. En 2016, il conçoit et met en scène la pièce de théâtre La Maison où il prolonge sa série de spectacles sur les lieux symboliques, à la frontière entre danse, théâtre et musique. En novembre 2016, il réalisera un projet de théâtre musical à partir des écritures murales d’Oreste Fernando Nannetti, Nannetolicus Meccanicus Saint.

SITE INTERNET

Galerie Christian Berst
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Collection de l'Art Brut de Lausanne
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La « S » Grand Atelier
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École Supérieure d’Art et de Design Toulon Provence Méditerranée
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Compagnie SIC.12
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