Le Liberté La saison

C'est peut-être juste la lumière qui change...

Hall du théâtre

Les gens de Toulon légendent la ville
Projet participatif réalisé par Jean-Pierre Moulères et des habitants de Toulon

Les gens du Caire légendent la ville
Projet participatif réalisé par Sondos Shabayek et des habitants du Caire

Entrée libre 

Jean-Pierre Moulères a réalisé un projet participatif et évolutif qui raconte autrement la ville de Toulon.
Dix ateliers d’écriture ainsi que des entretiens avec des Toulonnais ont permis de collecter des impressions qui redessinent la ville en une carte légendée de multiples parcelles de vivant.
Une installation incluant un grand plan de la ville, annoté par ses habitants, est exposée dans le hall du théâtre. L’intérêt étant de croiser de nombreuses et diverses expériences sensibles de la ville.

L’artiste égyptienne Sondos Shabayek a collecté diverses expériences sensibles de la ville du Caire par le biais d’ateliers d’écriture avec les habitants. 
Un grand plan de la ville légendé par ces histoires est exposé dans le hall du Liberté. La diversité de ces témoignages, souvenirs et impressions viennent donner vie et singularité à cette ville immense qu’est Le Caire.
Comme un miroir de l’exposition consacrée à Toulon, proposée par Jean-Pierre Moulères, ces morceaux de vie construisent un pont entre ces deux villes.

Le plan de la ville, n’est pas fait que du nom des rues, d’indications pour les sens uniques et autres signes conventionnels de voirie. Ses légendes ne sont pas que celles qui désignent les parcs, parkings et monuments. Ses couleurs n’identifient pas que les cours d’eau, ports, jardins publics et autres espaces arborés, ses lignes droites, courbes, croisées ne symbolisent pas que les axes majeurs et mineurs de circulation et des transports en commun.
La ville a d’autres plans, d’autres répertoires, d’autres transports, d’autres légendes qui viennent se superposer comme un millefeuille de calques au plan officiel pliable, imprimable ou consultable sur les panneaux lumineux des grandes artères.
Chacun porte en lui une ville faite de chemins quotidiens, de noms de personnes, de souvenirs intimes, de sensations, de points de vues aimés et de rues évitées.
Qu’on y soit né, qu’on y vive (depuis tout ce temps, déjà !), qu’on y soit de passage ou qu’on y arrive, on a tous une façon de construire une ville mentale, affective, utile faite de trajets, de points de repères, de jardins privés et de monuments modestes, de gens proches ou à peine croisés, de noms qui ne sont pas que ceux accrochés au coin des rues.
C’est cette légende-là que nous allons raconter, noter, écrire ensemble, ce plan que nous allons dessiner où chacun est en partie, le géographe, l’architecte d’une ville moins connue, imperceptible et discrète, l’artisan qui brode les contours, tisse les liens et invente une trame poétique jour après jour qui est l’âme même de la cité.
Pour cela pas besoin de savoir dessiner un plan, on le porte en nous, pas besoin de savoir écrire, on sait parler, pas besoin de savoir..., on sait vivre.
Dire sa ville c’est parler de soi, c’est inscrire son expérience dans un bien commun. C’est la faire résonner avec d’autres, semblables et diverses. C’est parler de soi plus aisément peut-être puisque c’est de la ville que l’on parle en lui prêtant des bouts de soi.
Parler, écrire de soi sur un même sujet, c’est montrer, démontrer que chacun en déposant un fragment sensible de son vécu, construit la ville d’un patrimoine immatériel, ô combien précieux.
Jean-Pierre Moulères

« La ville pour celui qui y passe sans y entrer est une chose, et une autre pour celui qui s’y trouve pris et n’en sort pas ; une chose est la ville où l’on arrive pour la première fois, une autre celle qu’on quitte pour n’y pas retourner ; chacune mérite un nom différent. » 
Italo Calvino, Les villes invisibles

Jean-Pierre Moulères est auteur, scénographe et commissaire d’expositions. Il conçoit des projets participatifs axés tout particulièrement sur les pratiques simples et amateurs. Plusieurs années de formation en théâtre, danse contemporaine, arts plastiques et en pédagogie l’ont amené à fréquenter les scènes du spectacle vivant. Sa participation aux ateliers d’été de l’OuLiPo a confirmé chez lui le goût d’appeler les autres à écrire et à raconter. Il a travaillé avec le metteur en scène et directeur du Théâtre de l’Arpenteur Hervé Lelardoux au projet Rennes, guide de la ville invisible (Éditions Terre de brume, 1999), puis écrit Moi, j’ai rien d’intéressant à dire : Petits propos sur le théâtre par ceux qui n’y vont presque pas (Éditions l’Atalante, 2003) ainsi que Que reste-t-il ?, chronique de trois ans d’action artistique auprès des spectateurs du Merlan, la scène nationale de Marseille. Entre-temps, il est revenu à la danse pour accompagner Thierry Thieû Niang, complice de longue date, dans un projet où des seniors ont été invités à découvrir la danse contemporaine. Mêlant danses improvisées et ateliers d’écriture, ils ont créé Du printemps !, d’après Le Sacre du Printemps de Stravinsky. La pièce a été présentée au Festival d’Avignon, au Théâtre de la Ville à Paris, à la Biennale de la Danse à Lyon... Chef de projet dans le cadre de Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la culture, il y a développé plusieurs propositions participatives faisant appel aux pratiques simples et usuelles des habitants. Il a conçu Les Chercheurs de midi, grand projet de collecte de photos de famille, qui a fait l’objet de plusieurs expositions très fréquentées et d’un livre éponyme édité par Le bec en l’air. Pour la ville de Saint-Ouen, en 2014, il a assuré le commissariat de La lumière du dehors, une exposition de photos de famille à partir du fonds d’archives de la ville. Il a travaillé dans le cadre de Pilsen, Capitale européenne de la culture 2015 au montage d’un projet de collecte de photos sur cette région de la Bohème de l’ouest et une exposition à partir de ce fonds Un paradis entre quatre rivières.

Après avoir travaillé pour la télévision égyptienne, Sondos Gamal Shabayek a été journaliste indépendante. Très impliquée dans les événements de la révolution égyptienne, elle a ainsi pu suivre au jour le jour les événements de la place Tahrir, usant des réseaux sociaux pour partager ses reportages, photos et anecdotes.
De cette expérience s’est affirmé un désir fort de donner la parole aux Égyptiens et la pousse à s’investir dans le collectif Bussy, projet universitaire devenu troupe de théâtre indépendante, qu’elle codirige. À partir des histoires et des anecdotes qu’elle récolte auprès des Égyptiens, elle a monté plusieurs pièces de théâtre : Tahrir Monologues, Stories From Egypt’s Revolution et, plus récemment, Bussy Monologues.