Le Liberté La saison

1000 façons de le dire

Salle Daniel Toscan du Plantier

Avec Lazare, François Beaune, Michel Gairaud et Zohra Abdelgheffar en présence d’un interprète en LSF

Entrée libre 

Tarif théma :

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Nos intervenants entretiennent chacun un rapport privilégié avec les mots et proposent différentes manières d’aborder la question du langage, que ce soit à travers une utilisation poétique ou politique des mots ou bien même un langage de gestes. Au-delà des mots que nous utilisons quotidiennement, eux les façonnent, les font chanter, voire les détournent, de manière à nous faire entrevoir la richesse du langage et les différents modes de communication auxquels ils nous invitent. Au lieu d’instaurer des obstacles entre ces différentes manières de communiquer, ces formes de langage tendent à donner la parole à ceux qui n’ont pas les mots pour le dire.

Né en 1975 à Fontenay-aux-Roses, Lazare est auteur, metteur en scène et improvisateur.
Il se forme au Théâtre du Fil (Protection Judiciaire de la Jeunesse/Aide Sociale à l’Enfance) puis à l’École du Théâtre National de Bretagne, de 2000 à 2003 dirigé par Stanislas Nordey. Il fonde la compagnie Vita Nova en 2006. 
Lazare, ainsi soit-il, est venu sur le tard à l’écriture. Avant vingt ans, il était incapable de tenir un stylo. Alors il a pris des chemins de traverse, appris la vie dedans-dehors, pas dans les livres, au hasard des rencontres, bonnes ou mauvaises. La musique, la danse, une porte de théâtre que l’on pousse et, soudain, un cahier, une page blanche et l’envie qui vous démange et ne vous quitte plus de la noircir. Lazare est un ovni dans le paysage théâtral. Il réinvente la langue, l’illumine de mille fulgurances, casse le tempo, bouscule les rythmes, éclate la scansion. C’est une langue bien vivante, truculente, qui roule des mécaniques mais recèle des visions poétiques, oniriques en des endroits inattendus. Elle vit, palpite, respire, souffle, crache, témoigne du bruissement de l’humanité, des éclats du monde qui nous parviennent par bribes. Auteur, il est aussi metteur en scène. Maître d’œuvre, il met en mouvement ce tourbillon de mots, de notes et de corps avec la précision des plus grands. C’est culotté, gonflé, osé et joyeux. Passionné et habité par le Théâtre, avant d’être auteur dramatique et metteur en scène, Lazare pourrait se définir comme poète. Amoureux du vers et de la pensée, il place le langage et la parole au cœur de son travail. Lazare est un artiste qui se bat pour créer de l’oralité et qui ne semble vivre que pour cela.

François Beaune est né en 1978 à Clermont-Ferrand et réside désormais à Marseille, après vingt ans à Lyon. Aux éditions Verticales, il est l’auteur d’Un homme louche, paru en septembre 2009 (Folio, avril 2011), d’Un ange noir, éclos en septembre 2011 et de La lune dans le puits, parue en octobre 2013. Il a fondé deux revues, La Cocotte (de 1998 à 2001) puis Louche de 2002 à 2004. Au théâtre, il a écrit un spectacle de cabaret hommage au second anniversaire de la mort de Jean-Daniel Dugommier, le héros du roman Un homme louche, intitulé Le Majestic Louche Palace (créé en 2010 aux Subsistances à Lyon). Il a collaboré à l’écriture de la pièce La Victoire avec Hervé Guilloteau (créée au Théâtre Universitaire de Nantes en 2011). Il s’adonne aussi au détournement de coupures de presse dans Loucheactu et soutient vigoureusement le blog d’un certain Jacques Dauphin. Avec Arte Radio, il a fait de nombreux reportages dont La mécanique des hommes, La bouillabaisse infernale, et de nombreuses Histoires vraies de Méditerranée, disponibles en ligne. À partir de décembre 2011, parti en quête d’Histoires vraies de Méditerranée, en partenariat avec Marseille-Provence 2013, François Beaune a créé avec Fabienne Pavia une bibliothèque d’Histoires vraies de la Méditerranée (textes, sons, vidéos). Ce projet s’est soldé en octobre 2013 par la parution de son dernier ouvrage, La Lune dans le puits, ou le portrait des méditerranéens à travers leurs histoires vraies en miroir de celles de l’auteur.

Michel Gairaud est le rédacteur en chef du Ravi, le mensuel de la région Paca dédié à l'enquête et à la satire.  il est aussi directeur de l'association la Tchatche qui édite le journal, intervient en milieu scolaire pour parler de la fabrique de l'information, développe dans les quartiers populaires des projets de journalisme participatif.
Information rigoureuse, irrévérence du dessin, c’est le cocktail que le Ravi met en œuvre dans sa ligne éditoriale depuis treize ans. De fait, il se place dans la grande tradition des journaux satiriques, mais aussi dans celle des titres consacrés à l’investigation. Dépourvu d’a priori politique, le Ravi revendique néanmoins un engagement autour de quelques thèmes fédérateurs ; l’exercice de la démocratie participative, l’écologie, la culture, la justice sociale et le refus de la xénophobie et de tous les replis fussent-ils régionalistes ou localistes. Le Ravi participe au projet Presse et médias pas pareils. À l’écart des autoroutes de l’information, loin des grands groupes financiers, existe sur des chemins de traverse une presse pas pareille. Editée par des associations, des coopératives ou de petites entreprises contrôlées par leurs salariés, elle renoue avec les fondamentaux d’un métier ailleurs souvent oubliés  : l’irrévérence, l’enquête, le goût du débat, la volonté de donner aux lecteurs, les moyens du plein exercice de leur citoyenneté, en les faisant participer au-delà d’un accès contrôlé à des commentaires qui servent trop souvent de déversoir. En 2015, le projet tend à s’élargir à la Presse pas pareille en Méditerranée avec l’édition, dans chaque numéro du Ravi, d’une page dédiée à la presse pas pareille dans les différents pays méditerranéens explorés et aboutir, début 2016 à la diffusion en ligne d’une carte interactive de la PPP méditerranéenne. Il organise également le projet Et si ?, projet annuel de journalisme participatif par et pour les habitants de la région PACA qui a pour but d’inviter différents groupes d’habitants à réaliser un cahier de plusieurs pages sur leur quartier et sur des problématiques sociétales en co-réalisant des enquêtes et reportages journalistiques.

Zohra Abdelgheffar a sillonné la France pendant 15 ans en tant que conteuse, formatrice et intervenante auprès de familles entendantes d'enfants sourds. 
Elle est aujourd'hui enseignante LSF à Marseille et artiste. Elle est sollicitée par de multiples acteurs des champs éducatif et associatif, et participe notamment à un projet en Tunisie auprès de professionnels sourds et entendants. Zohra Abdelgheffar viendra nous parler de sa vision « des mots pour le dire » : « deux mains pour le dire » et « demain pour le dire ».